Depuis une trentaine d’années, les cancers chez l’adulte jeune augmentent. Face à ce phénomène inquiétant, les chercheurs se mobilisent pour en trouver la raison...
A l’occasion de la Journée
Mondiale contre le cancer du 4 février 2025, découvrons quelques pistes proposées
par les scientifiques.
Même si le cancer chez l’adulte jeune
reste rare, une étude parue en 2023 constate une hausse de près de 80 % des
cancers chez les moins de 50 ans entre 1990 et 2019 dans le monde. En France, 15
000 personnes de 20 à 40 ans seraient atteintes d’un cancer chaque année. Les
cancers du pancréas et de la thyroïde sont notamment en hausse chez les femmes
comme chez les hommes. Chez les femmes, une augmentation des cancers
colorectaux et du sein est également observée, tandis que chez les hommes, le
cancer du rein gagne aussi du terrain. Selon des
estimations, l’incidence du cancer chez les moins de 50 ans pourrait encore
augmenter de 30 % à l’échelle mondiale entre 2019 et 2030.
Des facteurs de cancers connus, d’autres
plus incertains
Certes, le développement des dépistages
et l’amélioration des diagnostics peuvent avoir augmenté le nombre des cancers
recensés chez les moins de 50 ans. En effet, les cancers évoluant lentement,
ils sont aujourd’hui découverts plus tôt, donc dans une tranche d’âge plus
jeune. Les chercheurs pensent toutefois que cette hausse, bien réelle, pourrait
être plutôt due à une mauvaise alimentation, à l’alcool et au tabac, en
particulier chez les quarantenaires. L’accroissement de la sédentarité et de
l’obésité chez les jeunes pourrait également intervenir. Mais ces facteurs «
classiques » ne peuvent tout expliquer, selon de nombreux spécialistes.
D’autres pistes sont avancées pour
comprendre les facteurs de cancers chez les moins de 50 ans aujourd’hui. Le stress,
les aliments ultra-transformés, les microplastiques, les pesticides, la
fragilisation du microbiote intestinal par les antibiotiques ou encore le
travail de nuit sont considérés. La pollution environnementale fait l’objet
d’une attention particulière : de nombreuses sources de pollution se sont
accumulées depuis les années 70 et pourraient avoir un effet durable sur
l’organisme humain. Partout dans le monde, de nombreux projets scientifiques se
consacrent actuellement à ces cancers précoces pour mieux les prévenir et les
prendre en charge.